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Notre procès Clearstream: troisième journée

Troisième jour du procès devant la cour d’appel de Paris.

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Jeudi 17 heures 30: Ben Laden a joué un rôle indirect dans Clearstream, dit Villepin

L’ex-Premier ministre Dominique de Villepin a jugé jeudi qu’Oussama ben Laden était indirectement à l’origine de l’affaire Clearstream, lors de la troisième audience du procès en appel de l’affaire à Paris.

Relaxé en première instance en 2010 contre l’avis du parquet, Dominique de Villepin répond de l’accusation de « complicité de dénonciation calomnieuse » pour son rôle présumé dans une manipulation menée avec de faux fichiers bancaires où figurait notamment le nom de Nicolas Sarkozy.

L’auteur de ces faux est Imad Lahoud, un Franco-Libanais impliqué dans plusieurs affaires d’escroquerie qui était parvenu à se faire recruter par les services secrets français en 2003 en prétendant qu’il pouvait les conduire au chef d’Al Qaïda, tué lundi dernier au Pakistan par un commando américain.

Pour Dominique de Villepin, les responsables du dossier Clearstream sont donc ceux qui ont cru à cette piste Lahoud, et non lui.

« Ceux qui ont activé la source du dossier Clearstream, avaient un intérêt supérieur à le faire. Et cet intérêt supérieur, c’était Oussama ben Laden », a-t-il dit à la cour d’appel.

ALLIOT-MARIE ÉVOQUÉE

Il a rappelé que le général Philippe Rondot, spécialiste du renseignement qui enquêtait en 2004 sur les listings Clearstream avec Imad Lahoud, était allé avec lui au Liban en 2004 sur la trace d’Oussama ben Laden, que le Franco-Libanais assurait avoir déjà rencontré.

Imad Lahoud avait alors fait croire au militaire qu’il y récupérerait des documents sur les finances du chef islamiste. La « source » Lahoud avait été présentée par Philippe Rondot auprès du « gratin » du renseignement français, et même étranger.

Dominique de Villepin a donc imputé au ministère de la Défense, autorité de tutelle de Philippe Rondot, la responsabilité du fait qu’Imad Lahoud soit sorti indemne judiciairement d’une garde à vue pour escroquerie fin mars 2004.

« Il fallait sauver le soldat Lahoud », a-t-il dit, mettant en cause le cabinet de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, qui aurait couvert le Franco-Libanais.

Cependant, c’est la responsabilité de Dominique de Villepin que l’accusation retient concernant les listings Clearstream, et notamment cette faveur accordée à Imad Lahoud pour qu’il sorte en 2004 de sa garde à vue.

En effet, le dossier montre que Dominique de Villepin a ce jour-là appelé le général Rondot. Ce dernier a affirmé jusqu’ici qu’il lui avait alors demandé d’intervenir en faveur du Franco-Libanais, vu comme précieux dans l’affaire des listings censés accuser Nicolas Sarkozy.

Interrogé par la cour sur ce point, Dominique de Villepin a assuré qu’il avait parlé de tout autre chose avec le général Rondot au téléphone, et qu’apprenant la garde à vue d’Imad Lahoud, il avait dit au militaire: « Voyez ce qu’il en est ».

LAHOUD, GERGORIN VISENT VILLEPIN

C’est un des nombreux points de l’action ambigüe de Dominique de Villepin qui est l’objet du procès en appel, qui devrait se poursuivre jusqu’au 26 mai.

L’ancien Premier ministre, très à l’aise au premier procès où il multipliait alors les ripostes à l’extérieur du prétoire contre Nicolas Sarkozy, alors partie civile, se trouve aujourd’hui dans une position différente.

Nicolas Sarkozy a en effet retiré après le premier jugement sa constitution de partie civile et il n’est donc plus représenté. Le débat s’est recentré sur l’affaire.

L’ancien vice-président d’EADS (EAD.PA: Cotation) Jean-Louis Gergorin et l’informaticien Imad Lahoud, condamnés en première instance respectivement à 15 et 18 mois de prison ferme, concentrent de surcroit leurs dépositions sur Dominique de Villepin.

Jean-Louis Gergorin a dit jeudi qu’il avait été d’emblée question, en janvier 2004, d’un compte bancaire de Nicolas Sarkozy, ce qui aurait stimulé Dominique de Villepin.

Imad Lahoud présente de son côté Dominique de Villepin comme l’instigateur de la machination Clearstream. Il tente de démontrer à ce procès en appel que l’ex-Premier ministre lui a fait modifier en sa faveur le manuscrit de son livre sur l’affaire.

Le procès se poursuit lundi.

Source: Reuters

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Jeudi 17 heures: Clearstream: Villepin charge le ministère de la Défense

Qui a fait libérer Imad Lahoud de garde à vue en 2004? L’ancien Premier ministre, jugé en appel, dément être intervenu et accuse le ministère de la Défense.

Dominique de Villepin a maintenu ce jeudi devant la cour d’appel de Paris ne pas être intervenu pour faire libérer Imad Lahoud, le faussaire présumé de l’affaire Clearstream. L’ancien Premier ministre a ajouté que cet épisode révélait surtout que le mathématicien n’était pas sa source, mais bien celle du ministère de la Défense.

Le 25 mars 2004, Imad Lahoud est placé en garde à vue pour une affaire annexe d’escroquerie. Les policiers découvrent alors qu’il est en possession d’un sauf-conduit délivré par Jean-Louis Gergorin. Dans cette lettre, le vice-président d’EADS affirme que son protégé est en mission pour le compte du général Philippe Rondot.

A l’époque, le général Rondot enquête sur les listings Clearstream pour le compte du ministère de la Défense, mais aussi de Dominique de Villepin, au Quai d’Orsay.

Lorsque le commissaire responsable de la garde à vue l’appelle, le général, qui n’a pas connaissance de ce sauf-conduit, répond qu’il ne saurait couvrir Imad Lahoud. L’officier appelle ensuite Jean-Louis Gergorin pour l’avertir de l’incident et lui demander des explications.

Peu de temps après, Dominique de Villepin téléphone au général Rondot. Selon le militaire, il lui demande alors de faire libérer Imad Lahoud.

Je n’ai pas donné d’instruction au général Rondot de libérer ‘la source’ ou Imad Lahoud », a redit jeudi l’ancien Premier ministre, qui assure avoir appelé le militaire en lien avec des dossiers internationaux. De toute façon, à l’époque, « je ne connais pas l’identité de la source, (…) je ne sais pas qu’il a fait de la prison (…) et que c’est un escroc aux renseignements ».

« J’ai le réflexe très normal de lui dire: voyez ce qu’il en est, en d’autres termes, faites au mieux », poursuit Dominique de Villepin. Mais « ma propre intervention est comme le fruit confit dans le cake, c’est-à-dire qu’(…) elle est sans aucune conséquence dans ce dossier ».

En revanche, le fondateur de République solidaire oriente l’attention de la cour sur la « note de couverture » adressée quatre jours plus tard sur l’incident par le général Rondot à Philippe Marland, directeur de cabinet du ministère de la Défense.

Selon lui, cette note « glisse sur » plusieurs points et tente de protéger cette « source pourrie » en raison d’un « intérêt supérieur ». Le ministère de la Défense aurait alors voulu « sauver le soldat Lahoud », qui lui promet par ailleurs de remonter jusqu’à Oussama Ben Laden.

Source: L’Express avec AFP

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Jeudi 12 heures: Clearstream: le diplomate Philippe Faure nie être « un petit facteur manipulateur »

Le diplomate Philippe Faure dément dans un courrier, consulté jeudi par l’AFP, les accusations d’Imad Lahoud et de son épouse qui font de lui « un petit facteur manipulateur » qui aurait fait le lien avec Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream.

Dans un autre courrier, publié lundi par Le Monde et adressé à la Cour d’appel, l’épouse d’Imad Lahoud, Anne-Gabrielle Lahoud, une énarque qui à l’époque des faits était conseillère auprès du ministère des Affaires étrangères, affirme avoir « remis en mains propres le manuscrit » du « Coupable idéal », le livre de son mari, fin 2006 à Philippe Faure.

Celui-ci devait le transmettre à Dominique de Villepin « qui avai
t souhaité le relire avant sa publication ».

Elle aurait ensuite « redonné le manuscrit à Imad en lui indiquant les deux points sur lesquels Dominique de Villepin souhaitait des modifications ».

« Tout ceci est faux », écrit Philippe Faure dans un courrier adressé mercredi au Monde et consulté par l’AFP.

« Le couple Lahoud essaie simplement et abusivement de m’y entraîner, pour servir sa cause, alors que je ne connais rien de l’affaire et que mon nom n’a jamais été cité », poursuit l’ambassadeur de France au Japon.

« Certes, reconnaît le diplomate, je suis un ami de M. de Villepin depuis plus de trente ans comme tant d’autres au Quai d’Orsay. Certes, j’étais secrétaire général de ce ministère quand Mme Lahoud était conseiller du ministre (…) D’ici à faire du plus haut fonctionnaire du Quai d’Orsay de l’époque un petit facteur manipulateur, il y a un fossé que Mme Lahoud me fait allègrement sauter, sans songer qu’il y va de la réputation et de la carrière d’un haut fonctionnaire. »

« Je peux comprendre le désespoir d’une femme ambitieuse, d’une épouse blessée et d’une mère malheureuse, mais rien à mes yeux ne peut justifier une telle tricherie que l’on drape curieusement (…) dans les dorures d’une grande famille de serviteurs de l’Etat », conclut Philippe Faure.

La cour d’appel a demandé l’audition de Mme Lahoud – fille de François Heilbronner, haut fonctionnaire qui fut notamment conseiller de Jacques Chirac – qui devrait avoir lieu lundi. Une audition de M. Faure a également été évoquée. Mais selon son avocat Me Jean-Paul Spitzer, il n’a pas prévu de s’y rendre.

Source: AFP

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Jeudi 8 heures: Clearstream : Villepin persiste

Le procès en appel de l’affaire Clearstream se poursuit à Paris. Hier, le mathématicien Imad Lahoud a continué de se contredire, affirmant n’avoir ajouté que le nom de Sarkozy dans les listings bancaires de la société luxembourgeoise. Afin de faire croire que le Président possédait des comptes occultes à l’étranger.

Pour sa part, Villepin a répété n’avoir pas évoqué Clearstream avec Jean-Louis Gergorin. Mais l’ancien haut responsable d’EADS affirme le contraire. Lors d’une réunion au Quai d’Orsay le 1er janvier 2004 avec le chef de la diplomatie française, « il est certain que le nom a bien été prononcé ». Selon lui, Villepin lui a dit qu’il en parlerait avec Chirac. Mais « de ne pas informer le général Rondot », qui enquêtait sur l’affaire, avant la réponse du Président. Villepin nie : « J’ai juste fait état des instructions fortes dont m’avait fait part le Président sur la moralisation de la vie politique internationale ».

Source: Midi Libre

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