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	<title>2Villepin &#187; Villepin, l&#8217;Homme d&#8217;Etat</title>
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	<description>Blog sur Dominique de Villepin</description>
	<lastBuildDate>Tue, 19 Jun 2012 20:42:39 +0000</lastBuildDate>
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		<title>&#171;&#160;Au service des Français inlassablement&#160;&#187;, par Dominique de Villepin</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Mar 2012 12:47:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred</dc:creator>
				<category><![CDATA[Villepin, l'Homme d'Etat]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je suis empêché de me présenter à l’élection présidentielle, faute des parrainages requis. Mais notre mission continue et notre engagement pour la France reste intact. Nous avons fait notre devoir qui était d’alerter, d’essayer de franchir le mur d’hostilité des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Je suis empêché de me présenter à l’élection présidentielle, faute des parrainages requis. Mais notre mission continue et notre engagement pour la France reste intact.</p>
<p>Nous avons fait notre devoir qui était d’alerter, d’essayer de franchir le mur d’hostilité des partis, le mur d’indifférence des médias, le mur de colère et de peur que suscite cette crise et qui tétanise cette campagne désespérante, parce qu’elle est toute entière contenue dans son spectacle, et qu’elle n’éclaire pas les citoyens sur les enjeux réels de notre pays.</p>
<p><span id="more-11380"></span></p>
<p>Je mesure la déception que cela représente pour les équipes qui ont donné toute leur énergie et tout leur temps depuis des semaines. Je les remercie à nouveau, chaleureusement. Même quand on n’atteint pas l’objectif, la satisfaction du devoir accompli suffit à nous récompenser tous. Pendant trois mois, l’équipe de campagne et les militants de République Solidaire ont été à pied d’œuvre. Ils y ont mis, je le sais, tout leur courage, au prix de sacrifices personnels importants. Ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait.</p>
<p>Ainsi va la vie politique.</p>
<p>Mais je me tourne aujourd’hui résolument vers l’avenir. Mes convictions sortent renforcées par ma rencontre avec les Français. L’urgence de la situation aussi. Je continuerai à les défendre et j’en ferai la clé de mon action et de mes choix à venir.</p>
<p>Les prochaines années seront dominées par le changement historique que signifie la crise économique, sociale, politique traversée par notre pays et par l’Europe. Nous sommes condamnés à y apporter des réponses tôt ou tard. La première chose que nous devons admettre, non pas en petits cercles de responsables informés, mais à haute voix, devant le peuple français qui le sent bien, tient en un constat simple : cela ne peut continuer ainsi.</p>
<p>Nous ne pouvons plus continuer à subir l’alternance des partis, les majorités courtes aux idées courtes. L’union nationale est la seule issue. Elle est difficile aujourd’hui, parce que chacun veut faire entendre sa petite musique et veut pour cela couper le son des autres. Elle sera encore plus difficile demain, à l’heure des élections législatives, parce que les partis se jetteront avec toute la force du désespoir dans l’égoïste bataille pour le maintien de leurs prérogatives. Elle sera inévitable six mois ou un an plus tard, lorsqu’il s’agira de répondre au défi financier immense, lorsque la dette se rappellera à nous, une fois de plus. La dette frappait à la porte, puis la dette a cogné à la porte, et aujourd’hui elle enfonce la porte. N’oublions pas non plus l’urgence sociale, qui ne va pas se dissiper par miracle au lendemain des élections, à l’heure où les fins de mois sont difficiles pour quinze millions de Français, où huit millions vivent dans la pauvreté, où les ouvriers et les employés voient avec angoisse l’érosion de l’emploi et la fermeture des usines.</p>
<p>Nous n’en pouvons plus du tâtonnement politique auquel nous condamne l’impuissance d’un Etat affaibli et la faiblesse d’une classe politique sans vision. Nous avons rendu tout si compliqué – l’impôt, les aides sociales, l’école, la police, l’armée même – que toute décision de bon sens s’enlise devant nos yeux complices dans le sable des jargons, des comités Théodule, des sigles, des aménagements. Heureux qui sait combien il paye d’impôt. Heureux le chef d’entreprise qui sait quelles nouvelles règles vont s’appliquer à son activité dans l’année. Heureux même le parlementaire qui a réussi à tenir le compte des nouvelles lois de l’année. Trop de lois tuent la loi. Trop de règlements tuent l’autorité de l’Etat. Trop de réformes tuent l’esprit de réforme. La grandeur du programme du Conseil National de la Résistance en 1944, la grandeur de la Constitution de la Ve République en 1958, c’est leur simplicité.</p>
<p>Le repli français ne peut continuer ainsi. Nous ne pouvons passer notre temps à nous retrancher dans nos frontières, et faire, à droite comme à gauche, comme si l’on pouvait s’abstraire du monde. Aujourd’hui au contraire se sont levés les vents d’une nouvelle mondialisation, qui n’est pas si défavorable aux savoir-faire français qu’on veut bien le dire. Mais encore faut-il vouloir ouvrir les voiles, courir la chance du voyage, plutôt que de se satisfaire d’un capitaine qui nous propose de laisser le navire en cale sèche. L’Europe n’est pas l’ennemi. L’Europe est au contraire la chance de poursuivre notre chemin avec nos voisins et amis. Réconcilier la France du oui et du non ? Ne nous trompons pas de question. Il s’agit aujourd’hui de réconcilier les peuples européens entre eux et avec le projet européen dans son ensemble. Seule une Europe puissante sera une Europe légitime.</p>
<p>En août, en septembre, les promesses de la campagne électorale seront depuis longtemps cendres et poussière. Ce message-là, je vous le garantis, restera intact. Préparons-nous à faire notre devoir, encore et toujours. A la colère et à la peur, sachons opposer, une fois de plus, inlassablement, la raison et l’espoir.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Dominique de Villepin</p>
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		<title>Point de déclin, mais un destin, par Dominique de Villepin</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Aug 2011 01:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred</dc:creator>
				<category><![CDATA[Villepin, l'Homme d'Etat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><em>Cinquième "épisode" de notre série "Villepin, l'Homme d'Etat": "Point de déclin, mais un destin", une Tribune signée par Dominique de Villepin en octobre 2003.</em></p> <p>Celui-ci redit son amour pour la France, "notre vieux pays" selon le titre de son dernier livre à sortir en librairie dans 10 jours:</p> <p>"Cette France, je l'aime "comme un bloc", dans la lignée d'un Clemenceau qui a su honorer son âme en la qualifiant de "soldat de l'idéal" au sortir de la Grande Guerre. "Notre patrie", célébrée par Péguy, est certes frondeuse de tempérament, divisée dans la paix, imprévisible et parfois injuste. Mais elle a toujours su se rassembler dans l'épreuve&#160;; se relever de ses chutes pour rester à l'avant-garde du progrès. Je crois à la pérennité d'un patriotisme rassembleur, ce "plébiscite de tous les jours" cher à Renan. Je crois au relèvement par la volonté. Notre pays demeure porteur, au-delà d'une histoire, de valeurs qui obligent et d'atouts économiques reconnus", écrit Dominique de Villepin.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Cinquième &laquo;&nbsp;épisode&nbsp;&raquo; de notre série &laquo;&nbsp;Villepin, l&#8217;Homme d&#8217;Etat&nbsp;&raquo;: &laquo;&nbsp;Point de déclin, mais un destin&nbsp;&raquo;, une Tribune signée par Dominique de Villepin en octobre 2003.</em></p>
<p>Celui-ci redit son amour pour la France, &laquo;&nbsp;notre vieux pays&nbsp;&raquo; selon le titre de son dernier livre à sortir en librairie dans 10 jours:</p>
<p>&laquo;&nbsp;Cette France, je l&#8217;aime &laquo;&nbsp;comme un bloc&nbsp;&raquo;, dans la lignée d&#8217;un Clemenceau qui a su honorer son âme en la qualifiant de &laquo;&nbsp;soldat de l&#8217;idéal&nbsp;&raquo; au sortir de la Grande Guerre. &laquo;&nbsp;Notre patrie&nbsp;&raquo;, célébrée par Péguy, est certes frondeuse de tempérament, divisée dans la paix, imprévisible et parfois injuste. Mais elle a toujours su se rassembler dans l&#8217;épreuve&nbsp;; se relever de ses chutes pour rester à l&#8217;avant-garde du progrès. Je crois à la pérennité d&#8217;un patriotisme rassembleur, ce &laquo;&nbsp;plébiscite de tous les jours&nbsp;&raquo; cher à Renan. Je crois au relèvement par la volonté. Notre pays demeure porteur, au-delà d&#8217;une histoire, de valeurs qui obligent et d&#8217;atouts économiques reconnus&nbsp;&raquo;, écrit Dominique de Villepin.</p>
<p><span id="more-6976"></span></p>
<p>*****</p>
<p>&laquo;&nbsp;<strong>De nouveaux clercs sonnent le tocsin. A les lire, la France serait à l&#8217;agonie. Impuissante, irrémédiablement condamnée au déclin</strong>. Face à la polémique qui enfle, il faut s&#8217;en tenir à la réalité. Un constat d&#8217;abord. La nostalgie d&#8217;un âge d&#8217;or est presque aussi vieille que la France elle-même. &laquo;&nbsp;Les hommes d&#8217;autrefois étaient beaux et grands. Ce sont maintenant des enfants et des nains&nbsp;&raquo;, se lamentait déjà Guiot de Provins au début du XIIIe siècle. La plainte revient en force au lendemain de la Révolution, qui féconde l&#8217;école réactionnaire. Nourrie de Burke puis de Maistre, elle n&#8217;a cessé de dénoncer la République régicide puis la dictature impériale, appelant à la &laquo;&nbsp;libération&nbsp;&raquo; de l&#8217;étranger pour célébrer la Restauration vengeresse et condamner la monarchie de Juillet, avant cette IIIe République qui osa écarter Boulanger puis acquitter Dreyfus.</p>
<p>Ressourcée par le positivisme, l&#8217;Action française prenait un relais nauséabond, antisémite et parlementicide, jusqu&#8217;à ce que sa condamnation par Rome l&#8217;eût réduite à un groupuscule dont le dernier carré allait inspirer la flétrissure de Vichy. <strong>Comme chacun sait, l&#8217;ultracisme n&#8217;allait pas tarder à renaître de ses cendres. L&#8217;apocalypse sur fond de diabolisation des politiques a toujours constitué son fonds de commerce idéologique, les philippiques sur le déclin et les petites phrases assassines contre les dirigeants sa marque de fabrique</strong>.</p>
<p>Dressé par la défaite militaire ou la crise économique, le spectre de la chute a hanté chacune de nos périodes de troubles et de métamorphoses&nbsp;: 1789, 1815, 1870&nbsp;; les années 1930, 1940, puis la décolonisation ont ouvert les joutes et confronté les points de vue. L&#8217;interrogation légitime sur le destin de la France habite Chateaubriand, Tocqueville, Taine ou le Renan de la Réforme intellectuelle et morale, avant André Tardieu dans La Révolution à refaire,ou Marc Bloch dans L&#8217;Etrange défaite. Nulle complaisance dans ces textes appelés à durer. Nulle attaque basse, facile, méprisante. <strong>Aujourd&#8217;hui comme hier, il faut penser la France sans pour autant la dénigrer</strong>.</p>
<p><strong>La rhétorique du déclin entremêle, dans un étrange attelage, influences réactionnaires, technocratiques et ultralibérales</strong>. Le courant réactionnaire, comme au lendemain de la Révolution, refuse le changement, l&#8217;accusant de n&#8217;amener que désordre et décadence. L&#8217;école technocratique, issue du rationalisme du XIXe siècle, débite la France en statistiques qu&#8217;elle commente à perte de vue et de sens. Quant à certains libéraux, ils reprochent à notre pays de n&#8217;avoir pas osé ces réformes à la hache qu&#8217;illustrèrent, en leur temps, Margaret Thatcher ou Ronald Reagan, tout en se réclamant, de manière aussi ambiguë&nbsp;que peu convaincante, du libéralisme politique.</p>
<p>Venons-en maintenant au coeur du propos, autrement dit aux accusations d&#8217;arrogance et d&#8217;immobilisme. <strong>Loin d&#8217;un quelconque angélisme ou d&#8217;une vanité déplacée qui sont les deux faces d&#8217;une même démagogie, le gouvernement n&#8217;a jamais nié que la période était difficile. Faut-il rappeler que le président de la République a été le premier à diagnostiquer la fracture sociale&nbsp;? Le choc du 21 avril a révélé l&#8217;ampleur des défis à relever pour les partis de gouvernement&nbsp;; le chômage angoisse les Français&nbsp;; les déficits réduisent les marges de manoeuvre</strong>.</p>
<p><strong>Assurément, la France s&#8217;inquiète devant l&#8217;Europe et la mondialisation</strong>. Sa croyance en un avenir meilleur, fortifiée par le cycle vertueux des &laquo;&nbsp;trente glorieuses&nbsp;&raquo;, s&#8217;est assombrie depuis une génération. Nombreux sont ceux qui ne croient plus en la politique, oscillant entre la démission dans l&#8217;abstention ou la fuite en avant dans le vote protestataire. Mais le doute n&#8217;est pas l&#8217;échec, la crise ne signifie pas la fatalité de la chute.</p>
<p>Ce qui est en revanche indéniable, c&#8217;est que ce rang, ce modèle seraient aujourd&#8217;hui menacés si notre pays n&#8217;était pas capable de mener à bien de vigoureuses réformes. <strong>Nous devons transformer notre Etat pour le rendre plus efficace, remettre en marche l&#8217;ascenseur social, libérer les énergies et les initiatives, soutenir et protéger les plus faibles et les plus défavorisés, redonner sens et souffle à la politique et conforter notre place dans le monde par l&#8217;affirmation de notre vision</strong>. La peur du déclin est infondée. Mais le débat a le mérite de souligner l&#8217;exigence du changement.</p>
<p>L&#8217;héritage des erreurs passées aurait pu inciter à la résignation, la véritable antichambre du déclin. Au lieu de baisser les bras, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin a fait le choix résolu de l&#8217;action. A ceux qui parlent d&#8217;immobilisme et d&#8217;absence de résultats, je veux opposer les faits. En un an, la réforme des retraites, qui était susceptible de faire tomber dix gouvernements, selon le mot d&#8217;un ancien premier ministre, a été réalisée. Le processus de refondation de notre système de santé est désormais engagé. Une étape décisive de la décentralisation a été actée. L&#8217;insécurité, qui gangrenait les fondements mêmes de la société, a reculé. La valeur travail, sans laquelle il n&#8217;y a ni progrès économique ni progrès social, a été réhabilitée&nbsp;: les 35 heures ont été assouplies&nbsp;; le smic augmenté d&#8217;un niveau sans précédent depuis vingt ans&nbsp;; l&#8217;impôt sur le revenu baissé de près de 10 % pour que l&#8217;effort et le talent soient enfin mieux récompensés&nbsp;; le revenu minimum d&#8217;activité conçu pour aider les plus fragiles à sortir du piège de l&#8217;assistance et à retrouver le chemin de l&#8217;activité et de l&#8217;emploi.</p>
<p>Le dialogue social est devenu un des moteurs de la réforme, comme en témoigne le récent accord sur la formation professionnelle, signé par tous les syndicats, symbolisant ainsi un mouvement profond de notre société&nbsp;: au-delà des tensions inévitables, nous sommes en train de passer d&#8217;une culture d&#8217;affrontement social à une culture de dialogue et de contrat. <strong>N&#8217;en déplaise à certains de nos clercs aveuglés par le pessimisme et l&#8217;amertume&nbsp;: la France réforme, la France travaille, la France dialogue</strong>.</p>
<p>L&#8217;honneur du gouvernement est de relever les défis, sans présupposés dogmatiques, déterminé qu&#8217;il est à accomplir la transformation qui nous permettra d&#8217;affronter le monde de demain. Il reste encore beaucoup à faire, bien des batailles à gagner, mais le mouvement est lancé. La responsabilité de tous les acteurs du pouvoir et de la société est engagée. <strong>Dans un pays où l&#8217;Etat a précédé la formation de la nation, l&#8217;exemple doit bien sûr venir d&#8217;en haut, d&#8217;autant plus vigoureusement que le grand enjeu de la révolution pacifique à conduire, c&#8217;est bien de remettre cet Etat à sa vraie place, au service des Français. Le sursaut est nécessaire, même si le doute et l&#8217;inquiétude sont là</strong>. Chacun en est conscient. C&#8217;est notre chance&nbsp;!</p>
<p><strong>Créatifs dans leurs invectives, nos chantres du malheur le sont nettement moins dans leurs propositions</strong>. Le grand soir libéral, que certains appellent de leurs voeux, conduirait non pas au &laquo;&nbsp;rêve américain&nbsp;&raquo; mais à l&#8217;impasse. La neurasthénie en vogue aggrave les maux qu&#8217;elle prétend combattre. Si la France est aussi malade qu&#8217;on le prétend, le meilleur moyen de la guérir consiste-t-il à lui seriner dix fois par jour qu&#8217;elle va mourir et que ses médecins sont incompétents&nbsp;? L&#8217;autoflagellation n&#8217;est pas un signe de courage mais bien plutôt de faiblesse.</p>
<p>Si l&#8217;Etat a ses pesanteurs et ses manques, la diabolisation de ses serviteurs désignés comme boucs émissaires des difficultés actuelles ne facilitera en rien sa mutation. Et les sarcasmes contre quelques-uns des travers supposés de nos compatriotes n&#8217;aideront pas non plus la France.</p>
<p><strong>Cette France, je l&#8217;aime &laquo;&nbsp;comme un bloc&nbsp;&raquo;, dans la lignée d&#8217;un Clemenceau qui a su honorer son âme en la<br />
 qualifiant de &laquo;&nbsp;soldat de l&#8217;idéal&nbsp;&raquo; au sortir de la Grande Guerre. &laquo;&nbsp;Notre patrie&nbsp;&raquo;, célébrée par Péguy, est certes frondeuse de tempérament, divisée dans la paix, imprévisible et parfois injuste. Mais elle a toujours su se rassembler dans l&#8217;épreuve&nbsp;; se relever de ses chutes pour rester à l&#8217;avant-garde du progrès</strong>. Naturellement, cela n&#8217;est jamais allé sans cris ni heurts. Toutefois, le sentiment d&#8217;unité, ce choix du vouloir-vivre ensemble, fortifié par une histoire commune, a toujours su transcender les clivages.</p>
<p><strong>Je crois à la pérennité d&#8217;un patriotisme rassembleur, ce &laquo;&nbsp;plébiscite de tous les jours&nbsp;&raquo; cher à Renan</strong>.</p>
<p><strong>Je crois au relèvement par la volonté. Notre pays demeure porteur, au-delà d&#8217;une histoire, de valeurs qui obligent et d&#8217;atouts économiques reconnus</strong>, notamment en termes de qualification et d&#8217;innovation. Il suffit de voyager au-delà des frontières de notre Hexagone pour le constater. A l&#8217;étranger, la France reste un pôle de pensée et de culture, une puissance majeure, sur le plan économique, militaire ou politique. Et c&#8217;est au moment où notre pays retrouve sa voix originale dans le concert des nations, c&#8217;est au moment où un grand nombre de peuples se reconnaissent dans les valeurs que la France défend, que fuse l&#8217;accusation d&#8217;arrogance, dans la bouche même de ceux qui crient au déclin.</p>
<p>Pourtant, regardons autour de nous. La France montre une extraordinaire vitalité. Des entreprises comme Renault ou Air France, qu&#8217;on disait naguère condamnées, se sont redressées de manière spectaculaire jusqu&#8217;à occuper, dans leurs secteurs d&#8217;activité, les premières places mondiales. <strong>En dépit de coûteuses erreurs de politique économique, à l&#8217;image des 35 heures, la France tient son rang, affiche un niveau de vie élevé, parvient à préserver un modèle social équilibré</strong>.</p>
<p><strong>Point de déclin, mais un destin</strong>. Au regard destructeur et désenchanté, j&#8217;oppose celui que je croise jour après jour, renvoyant l&#8217;image d&#8217;une France influente, entendue et attendue, respectée pour ses idées. <strong>Je veux continuer à défendre cette France audacieuse et solidaire, servie par un Etat moderne</strong>. La force du compromis national réside dans l&#8217;équilibre qu&#8217;il a su trouver entre sacralité des libertés individuelles et solidarité publique, initiative et protection, humanisme et universalisme.</p>
<p>Au nouvel âge de la mondialisation, cet équilibre doit être repensé afin d&#8217;être pérennisé. Loin d&#8217;être archaïque, je le crois résolument porteur d&#8217;avenir. <strong>La conscience de notre identité dans un monde troublé, alliée à l&#8217;esprit de conquête, constitue notre meilleur atout</strong>.</p>
<p><strong>Devant les défis qui nous attendent, la vocation du politique consiste plus que jamais à se rassembler autour d&#8217;un devenir commun</strong>. Pour relever le gant, il a besoin de toutes les capacités, à commencer par la créativité des intellectuels. Là comme ailleurs, l&#8217;importance des enjeux justifie une mobilisation féconde.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Source: Tribune de Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, publiée dans Le Monde du 7 octobre 2003, dans la série &laquo;&nbsp;Comment va la France ?&nbsp;&raquo;</p>
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		<title>Prendre le risque de la paix au Proche-Orient, par Dominique de Villepin</title>
		<link>https://www.2villepin.fr/index.php/2011/08/12/6975-prendre-le-risque-de-la-paix-au-proche-orient-par-dominique-de-villepin/</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Aug 2011 18:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred</dc:creator>
				<category><![CDATA[Villepin, l'Homme d'Etat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><em>Quatrième "épisode" de notre série "Villepin, l'Homme d'Etat": "Prendre le risque de la paix au Proche-Orient", une Tribune signée par Dominique de Villepin en septembre 2003.</em></p> <p>Alors que le déclenchement de la guerre en Irak a suscité un regain de violence dans les territoires palestiniens, Dominique de Villepin réaffirme "le droit imprescriptible des Israéliens à la sécurité" ainsi que "le beoin des Palestiniens de voir partir l'armée qui les occupe et qui étouffe leur économie".</p> <p>Il propose l'envoi sur le terrain d'une "force de la paix" internationale pour "créer demain l'Etat palestinien, seule vraie garantie de sécurité pour Israël".</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Quatrième &laquo;&nbsp;épisode&nbsp;&raquo; de notre série &laquo;&nbsp;Villepin, l&#8217;Homme d&#8217;Etat&nbsp;&raquo;: &laquo;&nbsp;Prendre le risque de la paix au Proche-Orient&nbsp;&raquo;, une Tribune signée par Dominique de Villepin en septembre 2003.</em></p>
<p>Alors que le déclenchement de la guerre en Irak a suscité un regain de violence dans les territoires palestiniens, Dominique de Villepin réaffirme &laquo;&nbsp;le droit imprescriptible des Israéliens à la sécurité&nbsp;&raquo; ainsi que &laquo;&nbsp;le beoin des Palestiniens de voir partir l&#8217;armée qui les occupe et qui étouffe leur économie&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il propose l&#8217;envoi sur le terrain d&#8217;une &laquo;&nbsp;force de la paix&nbsp;&raquo; internationale pour &laquo;&nbsp;créer demain l&#8217;Etat palestinien, seule vraie garantie de sécurité pour Israël&nbsp;&raquo;.</p>
<p><span id="more-6975"></span></p>
<p>*****</p>
<p>&laquo;&nbsp;<strong>Dix ans après la signature par Yasser Arafat et Itzhak Rabin de la Déclaration de Washington, le conflit israélo-palestinien connaît la situation sans doute la pire depuis 1967.</strong> La violence est quotidienne. La seconde Intifada entre dans sa quatrième année avec près de 3500 morts. La Feuille de route du Quartet est en panne. Palestiniens et Israéliens, qui s&#8217;étaient rapprochés grâce au processus d&#8217;Oslo, sont aujourd&#8217;hui séparés par une hostilité profonde.</p>
<p><strong>Sommes-nous donc dans une spirale irréversible de la violence&nbsp;? Pouvons-nous laisser ces deux peuples sans autre perspective que davantage de souffrance et de morts ?</strong> La communauté internationale, qui a su résoudre des conflits complexes, en Afrique du Sud, dans les Balkans, est-elle incapable d&#8217;apporter justice, sécurité et espoir aux Israéliens et aux Palestiniens&nbsp;?</p>
<p><strong>Nous devons nous mobiliser pour agir et encourager tous ceux qui veulent avancer vers la paix</strong>.</p>
<p>Le processus de la Feuille de route lancé à Aqaba en juin s&#8217;est interrompu au bout de quatre mois. C&#8217;est d&#8217;autant plus frappant que les deux parties l&#8217;ont accepté et qu&#8217;il est soutenu par les Etats-Unis, l&#8217;Union européenne, la Russie et l&#8217;ONU.</p>
<p>Nous pouvons sortir de l&#8217;impasse actuelle si les parties, avec la communauté internationale, respectent certains principes essentiels.</p>
<p><strong>Premier principe&nbsp;: prendre le risque de la paix, faire le choix de la volonté contre le chaos</strong>. Sinon, aucun plan n&#8217;aboutira. L&#8217;incertitude ouvrira la voie à davantage de violence et d&#8217;enlisement économique.</p>
<p>Les deux peuples continuent de vouloir la paix et d&#8217;accepter les sacrifices qu&#8217;elle impliquera. Tous les sondages le montrent. A leurs dirigeants d&#8217;écouter cette volonté tout en prenant en compte chez l&#8217;autre ce qui nourrit les peurs, les frustrations, les incompréhensions.</p>
<p><strong>Deuxième principe&nbsp;: écarter les ambiguïtés</strong>. La méfiance entre Israéliens et Palestiniens impose plus que jamais la clarté, en tout premier lieu sur l&#8217;objectif du processus de négociation. La Feuille de route indique le but à atteindre&nbsp;: deux Etats vivant côte à côte et en sécurité, la fin de l&#8217;occupation commencée en 1967, la reconnaissance d&#8217;Israël par ses voisins et, d&#8217;abord, par les Palestiniens. Palestiniens et Israéliens doivent dire clairement que l&#8217;autre peuple à le droit d&#8217;exister dans des frontières internationalement reconnues.</p>
<p>Ce qui paraissait acquis après des années d&#8217;efforts semble aujourd&#8217;hui remis en cause. La reconnaissance mutuelle issue de Madrid et d&#8217;Oslo est moins évidente. L&#8217;engagement sur les frontières de 1967 apparaît lui-même fragile. Or, il ne peut y avoir progrès que si chacun admet les droits de l&#8217;autre, et d&#8217;abord ses droits territoriaux.</p>
<p>La légalité internationale s&#8217;impose à tous&nbsp;: les Palestiniens ne peuvent pas se prévaloir des résolutions qui fondent leurs revendications en oubliant que c&#8217;est aussi une résolution des Nations unies qui a créé Israël. Les Israéliens ne peuvent arguer des droits irréfragables qu&#8217;ils tiennent des décisions de l&#8217;ONU et ne pas prendre en compte celles qui affirment les droits des Palestiniens.</p>
<p><strong>Troisième principe&nbsp;: mettre un terme à la logique des préalables, qui est une recette pour l&#8217;échec</strong>.</p>
<p>Exiger des gestes de l&#8217;autre partie sans en faire soi-même gèle tout mouvement. A l&#8217;inverse, les décisions des uns entraînent celles des autres. Les Israéliens ont besoin d&#8217;être convaincus de la détermination palestinienne à arrêter les violences par des actions concrètes&nbsp;: arrestations et jugements des terroristes&nbsp;; suppression des installations de groupes terroristes&nbsp;; collecte des armes&nbsp;; assèchement des circuits financiers. Les Palestiniens ne peuvent progresser que si Israël prend des décisions sur le démantèlement des colonies, les prisonniers, le couvre-feu, la libre circulation dans les Territoires, manifestant concrètement sa volonté de progresser.</p>
<p>La cristallisation sur la personne du Président Arafat n&#8217;est justifiée ni par la logique ni par les principes&nbsp;: rien de significatif ne pourra être scellé entre Israéliens et Palestiniens sans son accord&nbsp;; surtout, comment plaider pour une Palestine démocratique si l&#8217;on récuse celui que les Palestiniens ont élu&nbsp;?</p>
<p>Comme l&#8217;ensemble de la communauté internationale, la France et l&#8217;Europe rejettent les menaces d&#8217;expulsion de Yasser Arafat, décision dont le président Chirac a dit que, si elles étaient mises en oeuvre, ce serait une &laquo;&nbsp;grave erreur&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>Le préalable sécuritaire, on l&#8217;a vu ces dernières semaines, ne mène à rien. Il a empêché que les négociations s&#8217;engagent, sans apporter davantage de sécurité aux Israéliens. Il a donné aux terroristes la maîtrise du calendrier</strong>. Il s&#8217;appuie sur l&#8217;idée fausse que l&#8217;élimination d&#8217;un nombre défini d&#8217;activistes pourrait &laquo;&nbsp;dégager le terrain&nbsp;&raquo; de ses éléments les plus hostiles à la paix, alors qu&#8217;au contraire ces actions injustifiables suscitent de nouvelles vocations.</p>
<p><strong>La France ne transige pas avec le terrorisme</strong>. Elle a accepté l&#8217;inscription du Hamas sur la liste européenne des organisations terroristes après que ce mouvement a revendiqué l&#8217;attentat qui a tué 22 Israéliens le 19 août à Jérusalem. Mais notre pays a indiqué dans le même temps que cette décision est naturellement réversible dès lors que le Hamas renoncerait à la violence et au terrorisme pour se consacrer à l&#8217;action politique.</p>
<p>La France ne pouvait rester sans réaction après un acte aussi grave, même si elle sait que les responsabilités sont partagées dans l&#8217;échec de la trêve. Elle a toutefois demandé que l&#8217;Union européenne souligne dans une déclaration forte, le 11 septembre, les obligations politiques des deux parties pour que la Feuille de route puisse être appliquée.</p>
<p><strong>Quatrième principe&nbsp;: aller vite</strong>. Le calendrier de la Feuille de route est déjà dépassé. Nous devons rattraper notre retard. Ce plan par étapes s&#8217;impose à tous. Il faut en franchir rapidement les étapes afin d&#8217;enclencher une dynamique positive. L&#8217;élément déterminant pour que les populations adhèrent au processus est que des résultats concrets apparaissent très vite.</p>
<p>C&#8217;est la condition pour que les partisans de la violence perdent du terrain chez les Palestiniens et pour que les Israéliens retrouvent à la fois plus de sécurité et les conditions pour la reprise de leur économie&nbsp;: la crise politique entretient la crise économique&nbsp;; la paix permet la prospérité.</p>
<p><strong>Cinquième principe&nbsp;: agir collectivement</strong>. C&#8217;était l&#8217;un des aspects les plus prometteurs du travail du Quartet. Parce que tous les avis comptent, parce que la somme des expériences des uns et des autres renforce nos chances de succès.</p>
<p>Il n&#8217;y aura pas de solution durable sans unité de la communauté internationale. L&#8217;absence de trois membres du Quartet à Aqaba est, de ce point de vue, regrettable.</p>
<p><strong>L&#8217;Europe doit jouer son rôle dans la résolution de ce conflit</strong>. Premier partenaire commercial d&#8217;Israël, premier bailleur de fonds des Palestiniens, elle a élaboré la plupart des principes désormais admis comme base de règlement du conflit. L&#8217;Europe ne cherche pas d&#8217;avantage stratégique ou économique dans son action pour la paix. Mais elle ne peut se limiter à demeurer une &laquo;&nbsp;boîte à idées&nbsp;&raquo; ou, a fortiori, un &laquo;&nbsp;carnet de chèques&nbsp;&raquo; utilisé pour alléger les effets de l&#8217;occupation des Territoires palestiniens.</p>
<p><strong>L&#8217;Europe doit retrouver toute sa place dans les efforts de paix</strong>. C&#8217;est pourquoi le Quartet doit, comme le prévoit la Feuille de route, &laquo;&nbsp;se réunir régulièrement à niveau ministériel pour évaluer la manière dont les parties mettent en oeuvre le plan&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>Sur la base de ces cinq principes, nous avons un devoir co<br />
llectif d&#8217;action</strong>.</p>
<p><strong>Parier sur l&#8217;éclatement du pouvoir chez les Palestiniens est un calcul de court terme</strong>. Il faut au contraire aider le Premier ministre Ahmed Qoreï à réussir, l&#8217;aider à montrer aux Palestiniens qu&#8217;on obtient plus de résultats par la négociation que par la violence. La France s&#8217;y emploiera.</p>
<p>Les événements dramatiques des dernières semaines ont pu sembler remettre en cause les grands principes qui présidèrent à l&#8217;élaboration de la Feuille de route et son calendrier. Nous pensons au contraire qu&#8217;il faut s&#8217;en tenir à ce plan de paix, accélérer sa mise en oeuvre et le rendre irréversible. Sur quelle base&nbsp;? <strong>L&#8217;affirmation claire, ici comme en Irak, du principe de souveraineté. Il constitue en effet le préalable indispensable à la responsabilité de chacun. Comment traduire ce principe dans les faits&nbsp;? Par la reconnaissance d&#8217;un Etat palestinien, vivant aux côtés de l&#8217;Etat d&#8217;Israël, par l&#8217;appui de la communauté internationale, mais aussi par la voie démocratique&nbsp;: pourquoi ne pas envisager un référendum où chaque peuple pourrait se prononcer en faveur de la paix ?</strong></p>
<p>Ce sont ces perspectives qui devraient être au coeur de la conférence internationale prévue par la Feuille de route. Elle doit constituer une étape majeure en marquant l&#8217;engagement du monde dans la résolution de ce conflit, à travers un processus de paix dont il faut rappeler le caractère global indispensable&nbsp;: les volets syrien et libanais sont un élément indispensable d&#8217;un règlement durable.</p>
<p>Dans le même temps, examinons très vite les modalités d&#8217;une présence internationale sur le terrain, civile et militaire.</p>
<p><strong>Les Israéliens ont besoin de sécurité&nbsp;; c&#8217;est là un droit imprescriptible. Ni la répression ni le mur qui se construit ne la leur apporteront. Les Palestiniens ont besoin de voir partir l&#8217;armée qui les occupe et qui étouffe leur économie</strong>. Ils ont aussi besoin d&#8217;une assistance technique forte pour recréer des services publics. Car la paralysie de l&#8217;administration palestinienne a créé des effets de substitution vers les groupes radicaux.</p>
<p>La communauté internationale n&#8217;est pas démunie pour traiter ces questions. Ailleurs, elle a déployé des forces qui ont rétabli le calme. Ailleurs, elle a remis sur pied des administrations détruites par un conflit. Nous sommes conscients des risques d&#8217;une telle mission. Ce sont les risques de la paix.</p>
<p>A l&#8217;évidence, une telle présence internationale n&#8217;est possible qu&#8217;avec l&#8217;accord des parties. Mais qui aurait à y perdre&nbsp;? Sûrement pas les Israéliens, dont la sécurité serait garantie par la présence de soldats venus des principales puissances du monde. Sûrement pas les Palestiniens, qui verraient partir l&#8217;armée israélienne, se déployer une force internationale temporaire et recevraient une assistance importante pour édifier leur Etat. Sûrement pas la communauté internationale, qui pourrait enfin envisager la fin de ce conflit.</p>
<p><strong>Encore une fois, il faut agir vite. Le Moyen-Orient est déchiré. Les crises l&#8217;empêchent de se développer, de se moderniser, de s&#8217;intégrer dans l&#8217;économie internationale. Notre devoir et notre intérêt sont de l&#8217;aider à sortir de ce marasme, à retrouver confiance</strong>. Le choc subi en Irak, l&#8217;aggravation du conflit israélo-palestinien sont autant de coups supplémentaires pour une région partagée entre rage et résignation. Un sentiment d&#8217;injustice, de &nbsp;&raquo; deux poids, deux mesures &laquo;&nbsp;, relie ces deux crises et crée une défiance dangereuse à l&#8217;égard du reste du monde.</p>
<p>Les Etats arabes ont admis l&#8217;existence d&#8217;Israël, comme l&#8217;a montré la courageuse initiative du Prince Abdallah d&#8217;Arabie saoudite, endossée par le sommet arabe de mars 2002. <strong>Le peuple israélien, dans sa grande majorité, admet le droit des Palestiniens à un Etat</strong>. Ce sont là des évolutions majeures.</p>
<p><strong>Les concessions seront inévitables, les remises en question douloureuses. Mais il faut tirer les conséquences de l&#8217;impasse d&#8217;aujourd&#8217;hui en mobilisant toutes les énergies et en accélérant le mouvement dans tous les domaines. Ensemble, avec toutes les parties et les pays de la région, prenons nos responsabilités&nbsp;; utilisons la force de la paix pour créer demain l&#8217;Etat palestinien, seule vraie garantie de sécurité pour Israël. Telle est l&#8217;ambition que nous devons nous fixer et que nous avons le devoir de porter avec lucidité, responsabilité et détermination</strong>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Source: Tribune de Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, publiée dans quotidien Al Hayat du 20 septembre 2003</p>
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		<title>Le défi de la mondialisation, par Dominique de Villepin</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Aug 2011 00:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred</dc:creator>
				<category><![CDATA[Villepin, l'Homme d'Etat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><em>Troisième "épisode" de notre série "Villepin, l'Homme d'Etat": "Le défi de la mondialisation", une Tribune signée par Dominique de Villepin au printemps 2003.</em></p> <p>"Qu'il s'agisse de l'économie, de l'environnement ou de la sécurité, notre monde porte l'exigence générale de la solidarité. Nul ne peut se prétendre indifférent à une tempête boursière qui affecte une région située aux antipodes, à un désastre écologique qui ignore les frontières ou à une crise militaire régionale qui menace les équilibres stratégiques", écrit le Ministre des Affaires étrangères de l'époque, avant de souligner que "pour répondre à ces défis de la mondialisation, trois principes s'imposent&#160;: légitimité, partage et justice".</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Troisième &laquo;&nbsp;épisode&nbsp;&raquo; de notre série &laquo;&nbsp;Villepin, l&#8217;Homme d&#8217;Etat&nbsp;&raquo;: &laquo;&nbsp;Le défi de la mondialisation&nbsp;&raquo;, une Tribune signée par Dominique de Villepin au printemps 2003.</em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;économie, de l&#8217;environnement ou de la sécurité, notre monde porte l&#8217;exigence générale de la solidarité. Nul ne peut se prétendre indifférent à une tempête boursière qui affecte une région située aux antipodes, à un désastre écologique qui ignore les frontières ou à une crise militaire régionale qui menace les équilibres stratégiques&nbsp;&raquo;, écrit le Ministre des Affaires étrangères de l&#8217;époque, avant de souligner que &laquo;&nbsp;pour répondre à ces défis de la mondialisation, trois principes s&#8217;imposent&nbsp;: légitimité, partage et justice&nbsp;&raquo;.</p>
<p><span id="more-6974"></span></p>
<p>*****</p>
<p>&laquo;&nbsp;<strong>A l&#8217;orée de ce nouveau millénaire, le monde est riche d&#8217;opportunités et d&#8217;expériences nouvelles, mais également gros de menaces et de pièges</strong>.</p>
<p>Chacun, où qu&#8217;il soit, peut sentir à tout moment battre le pouls de la planète. Un étudiant chinois peut accéder aux banques de données des universités européennes, confronter ses idées à celles de ses collègues américains. Les produits et les services sont mus par cette même logique d&#8217;échanges sans frontières.</p>
<p>Source de création et de richesse, <strong>ce nouveau bouillonnement entraîne une dynamique sans précédent</strong>. Mais il risque d&#8217;écarter sur son passage ceux qui en ont le plus besoin&nbsp;: les plus démunis et les plus fragiles. <strong>A nous de relever le grand défi du partage, dans un monde désormais régi par deux lois implacables&nbsp;: l&#8217;urgence et l&#8217;interdépendance</strong>.</p>
<p>L&#8217;urgence, face aux crises qui éclatent l&#8217;une après l&#8217;autre, sur toute la surface du globe, des Balkans à l&#8217;Afghanistan, de l&#8217;Irak à la Corée du Nord. L&#8217;urgence, face aux grandes pandémies qui déciment jour après jour des populations entières. L&#8217;urgence, enfin, face aux crises économiques qui jettent des pays, voire des continents entiers dans la pauvreté, mettant en péril la stabilité mondiale.</p>
<p><strong>Toutes les régions du monde sont désormais ouvertes aux crises et aux désordres qui se propagent d&#8217;un pays à l&#8217;autre, d&#8217;un continent à l&#8217;autre</strong>. De Bali à New York, de la Tanzanie au Kenya ou à Mombasa, de Karachi au Yémen, le terrorisme frappe partout, et brandit l&#8217;étendard de la mort et de la haine. La prolifération des armes de destruction massive engage l&#8217;humanité dans la peur et multiplie les risques d&#8217;autodestruction de l&#8217;espèce humaine.</p>
<p>Ces dangers sont ramifiés et complexes. Ils concernent tout le monde. <strong>Qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;économie, de l&#8217;environnement ou de la sécurité, aspects de plus en plus indissociables, notre monde porte l&#8217;exigence générale de la solidarité. Nul ne peut se prétendre indifférent à une tempête boursière qui affecte une région située aux antipodes, à un désastre écologique qui ignore les frontières ou à une crise militaire régionale qui menace les équilibres stratégiques</strong>.</p>
<p><strong>Pour maîtriser ces risques, il faut rejeter trois grandes tentations qui saisissent aujourd&#8217;hui notre monde</strong>.</p>
<p><strong>La première tentation est celle de la peur.</strong> Face aux grands défis qui nous attendent, nous devons prendre acte de notre communauté de destin et renforcer nos actions communes, en particulier pour lutter contre le terrorisme, qui doit être combattu avec détermination, par tous les moyens dont on dispose, militaires si nécessaire. C&#8217;est ce que nous avons fait en Afghanistan, comme nous le faisons sur notre propre sol. Pour autant, comment ne pas voir qu&#8217;une approche purement centrée sur la défense de nos intérêts de sécurité ne résoudrait pas le problème sur le long terme&nbsp;? Lutter contre le terrorisme, c&#8217;est aussi lutter ensemble contre le fanatisme et contre tout ce dont il s&#8217;alimente&nbsp;: la grande pauvreté, le désespoir, l&#8217;humiliation, le rejet de l&#8217;autre.</p>
<p>Jamais la peur ne doit dicter les priorités et les principes de notre action. L&#8217;exigence de sécurité ne doit pas nous faire oublier l&#8217;objectif du développement, de la croissance, le souci d&#8217;une meilleure répartition des richesses et de l&#8217;ouverture sur l&#8217;extérieur.</p>
<p><strong>La deuxième tentation est celle de la force.</strong> Aujourd&#8217;hui, vouloir régler tous les problèmes par la force seule n&#8217;est ni souhaitable ni possible. Nul ne peut, par la puissance de ses armées, assurer la stabilité d&#8217;un monde régi par des lois complexes et hanté par des menaces globales. L&#8217;usage de la force ne peut être le fruit d&#8217;un abandon des efforts de paix et de dialogue.</p>
<p><strong>La troisième tentation est celle du scepticisme ou de l&#8217;indifférence.</strong> Nous devons être particulièrement vigilants à l&#8217;égard des sentiments d&#8217;injustice, qui constituent aujourd&#8217;hui une véritable menace pour le monde. La surdité face aux malheurs des peuples les plus défavorisés porte en germe tous les conflits et toutes les haines. C&#8217;est pourquoi il nous faut inventer maintenant une méthode de gestion des crises qui soit à la fois universelle, juste et équitable.</p>
<p>Face aux crises de prolifération, les Nations unies doivent renforcer et perfectionner l&#8217;outil des inspections afin qu&#8217;il permette de les régler pacifiquement. Nous ne pourrons recourir systématiquement à la force face aux multiples crises qui sont en gestation. L&#8217;action de la communauté internationale doit reposer sur une vision globale et le souci de l&#8217;intérêt général. Elle doit être cohérente. Toutes les crises doivent être traitées selon les mêmes principes, qu&#8217;elles éclatent au Moyen-Orient, en Afrique ou en Asie, sans méconnaître pour autant leurs spécificités.</p>
<p><strong><ins>Les trois piliers d&#8217;une diplomatie mondialisée&nbsp;: légitimité, partage, justice</ins></strong></p>
<p>Pour répondre à ces défis de la mondialisation, trois principes s&#8217;imposent&nbsp;: légitimité, partage, justice. <strong>La légitimité de l&#8217;action repose sur les valeurs de la démocratie et de l&#8217;Etat de droit.</strong> La nouvelle communauté mondiale y aspire. Elle revendique une légitimité qui ne soit pas celle de la puissance mais celle de l&#8217;action collective, avec des règles claires, des processus de décision à la fois efficaces et respectables, ainsi que des instruments de justice adéquats. La Cour pénale internationale, dont le statut est entré en vigueur le 1er juillet 2002, constitue un acquis majeur que nous devons désormais défendre et consolider.</p>
<p><strong>Deuxième principe, le partage.</strong> Il est plus que jamais essentiel que chaque nation, chaque peuple, chaque culture apporte une contribution unique et essentielle à l&#8217;édification du monde de demain. Le monde, riche de ses différences, multiplie les possibilités d&#8217;échange. Alors que l&#8217;homogénéité gagne, nous devons défendre la pluralité des cultures et veiller à ce que chacun puisse exprimer pleinement sa singularité.</p>
<p>C&#8217;est dans le respect de l&#8217;autre que nous pourrons retrouver, par-delà ce qui sépare les peuples et les cultures, le foisonnement des affinités et des échanges possibles. <strong>A rebours des préjugés et des logiques de fracture, ne jugeons aucune religion à l&#8217;aune de ses fanatiques ou de ses pourvoyeurs&nbsp;; ouvrons la voie du dialogue des cultures. Il y va de notre avenir à tous.</strong> Car tous les hommes partagent le même besoin de sens, de dignité et de liberté.</p>
<p><strong>Cette exigence de partage est au coeur de l&#8217;ambition de l&#8217;Europe et de la France.</strong> Depuis près de cinquante ans, sur notre continent autrefois percé d&#8217;antagonismes, nous inventons avec détermination une communauté unie et forte, respectueuse des différences, consciente que sa diversité constitue son bien le plus précieux. A nous de réussir l&#8217;élargissement historique de l&#8217;Union européenne et d&#8217;approfondir l&#8217;architecture européenne. Avec l&#8217;ensemble de nos partenaires européens et des futurs membres de l&#8217;Union, le couple franco-allemand doit assumer toutes ses responsabilités et faire preuve d&#8217;initiatives, pour porter au sein de la Convention sur l&#8217;avenir de l&#8217;Europe des propositions de réforme novatrices et audacieuses.</p>
<p><strong>Dernier principe enfin&nbsp;: la solidarité et la justice.</strong> Qui ne voit aujourd&#8217;hui que tous nos efforts de sécurité seront vains si nous ne nous attaquons résolument aux fléaux de la pauvreté, de la maladie, des atteintes à l&#8217;environnement ou des crises régionales&nbsp;? Nous sommes comptables de ces drames qui font souffrir des populations entières et constituent autant de menaces pour la stabilité du monde. Fidèle à sa vocation qu&#8217;atteste l&#8217;engagement au service des plus démunis de tant de nos compatriotes, pionniers de l&#8217;humanitaire, la<br />
 France va doubler en cinq ans son effort d&#8217;aide au développement et fixe un cap ambitieux pour l&#8217;avenir.</p>
<p><strong>Pour faire reconnaître ces principes, notre action doit s&#8217;inscrire dans une volonté collective, efficace et persévérante.</strong> A nous d&#8217;inscrire nos engagements dans la durée. Le combat requiert détermination et ténacité, car les voies de l&#8217;ordre sont souvent longues et exigeantes. Aussi faut-il savoir tracer une perspective, envisager le long terme, creuser patiemment un sillon. Nous le voyons en Afghanistan, où, après l&#8217;action nécessaire pour éliminer les bases terroristes, il faut maintenant reconstruire, soutenir l&#8217;effort du peuple afghan, l&#8217;accompagner vers la démocratie et l&#8217;Etat de droit. Nous le constatons encore dans les Balkans, où la lutte résolue et persévérante pour l&#8217;Etat de droit et contre les organisations mafieuses demeure l&#8217;un des objectifs prioritaires pour assurer la stabilité de la région. Nous le voyons enfin en Côte-d&#8217;Ivoire, où le retour à la paix reste à instaurer de façon durable.</p>
<p><strong><ins>Une diplomatie économique forte</ins></strong></p>
<p><strong>Ces défis de la mondialisation requièrent une diplomatie politique ambitieuse, mais aussi une diplomatie économique active. Sans l&#8217;espoir d&#8217;une plus grande équité sociale dans les populations déshéritées, nos efforts seront vains ou de courte durée.</strong> Ils se heurteront à l&#8217;incompréhension des peuples, à l&#8217;agrandissement des fractures entre les régions du monde.</p>
<p>La France entend mener une diplomatie économique volontaire et ambitieuse, à la hauteur des opportunités et des risques de la mondialisation.</p>
<p><strong>Militons ensemble pour une approche économique globale contre les tentations de l&#8217;unilatéralisme.</strong> Le multilatéralisme incarne le règne du droit et instaure la confiance entre les Etats. La France soutient l&#8217;approche multilatérale des négociations commerciales incarnée par l&#8217;OMC. Elle défend un cycle global où les enjeux traditionnels des négociations commerciales &#8211; tarifs douaniers, agriculture, services &#8211; seraient complétés par des négociations sur un ensemble de thèmes de régulation&nbsp;: investissement, concurrence, environnement, normes sociales. Elle demeure plus que jamais soucieuse de faire évoluer les règles quand c&#8217;est nécessaire. C&#8217;est pourquoi elle propose aujourd&#8217;hui qu&#8217;un système préférentiel commercial soit appliqué à l&#8217;Afrique, dont on sait les difficultés économiques et qui a besoin d&#8217;être épaulée dans son intégration au système commercial multilatéral.</p>
<p><strong>Dans le même esprit, la France plaide pour une libéralisation économique qui ne soit pas synonyme de laisser-faire.</strong> Elle n&#8217;est pas hostile au libéralisme, comme on se plaît parfois à le faire croire. Elle l&#8217;est au dogmatisme, aux fausses croyances ou aux préjugés érigés en vérités absolues. Le libre jeu du marché est source de richesses s&#8217;il est subordonné à des règles justes et transparentes&nbsp;; sans elles, il peut être aveugle et dangereux.</p>
<p><strong>Ainsi, la France n&#8217;a pas ménagé ses efforts, notamment depuis septembre 1998, pour tenter de mieux maîtriser les comportements spéculatifs sur les marchés de capitaux et pour éviter le creusement des inégalités entre les nations. Elle plaide chaque jour pour l&#8217;imposition de contraintes de transparence aux entités non régulées telles que les &laquo;&nbsp;établissements à fort levier financier&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;hedge funds&nbsp;&raquo;).</strong> Elle demande la mise en place de normes internationales de régulation prudentielle et de lutte contre le blanchiment. Le Groupe d&#8217;action financière internationale (Gafi) et le Forum de stabilité financière s&#8217;inscrivent dans cette perspective. Elle a souhaité que l&#8217;on soutienne les pays émergents dans leur choix du régime de change.</p>
<p>La France a également milité pour la création de mesures de régulation prudentielle ou fiscale des entrées de capitaux, telles que celles utilisées par le Chili dans les pays émergents en phase d&#8217;ouverture progressive aux échanges de biens et de capitaux. Ces mesures sont désormais acceptées par la communauté internationale et par le FMI. A nous de poursuivre sur une voie soucieuse d&#8217;assurer à chacun pleinement sa place dans le grand cercle des échanges.</p>
<p><strong>Enfin, la France ne cesse de chercher des solutions au difficile problème du surendettement des Etats en développement.</strong> Elle est à l&#8217;origine de l&#8217;initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE), qui a été lancée au sommet de Lyon du G7, en 1996. Elle plaide pour qu&#8217;une attention particulière soit accordée aux pays PPTE qui ont été touchés par une forte dégradation de leurs termes de l&#8217;échange. Elle soutient les propositions du FMI en vue de créer un mécanisme stable de traitement de la dette des Etats émergents surendettés.</p>
<p><strong><ins>La présidence française du G8 et le Sommet d&#8217;Evian</ins></strong></p>
<p><strong>Le sommet des chefs d&#8217;Etat et de gouvernement d&#8217;Evian doit permettre d&#8217;aller résolument de l&#8217;avant. Il importe à cet égard que les intentions de la présidence française du G8 soient bien comprises. Le G8 n&#8217;est pas un directoire du monde. Il incite, stimule mais ne gouverne pas.</strong> Il ne se substitue pas aux organisations internationales&nbsp;; il les renforce en favorisant l&#8217;entente entre des pays qui, du fait de leur avancée technologique ou commerciale, ont une responsabilité particulière à l&#8217;égard de la communauté internationale.</p>
<p>A Evian, le président de la République le souligne en introduction de ce numéro de &laquo;&nbsp;Label France&nbsp;&raquo;, la France proposera à ses partenaires un sommet orienté autour de quatre principes fondateurs&nbsp;: responsabilité, solidarité, sécurité et démocratie. Ces grands axes sont indispensables à une mondialisation réussie et humanisée. <strong>Sans une économie de marché responsable, soucieuse de la personne humaine et de l&#8217;environnement, il ne peut y avoir de confiance dans la mondialisation. Sans solidarité, le fossé continuera de se creuser entre riches et pauvres, nourrissant rancoeurs et incompréhensions, et concourant à l&#8217;insécurité. Enfin, sans démocratie, le dialogue entre les nations, les peuples et les cultures ne peut pleinement s&#8217;approfondir.</strong> A l&#8217;heure où la mondialisation est parfois contestée ou incomprise, ces principes méritent d&#8217;être rappelés. Le Sommet d&#8217;Evian apportera beaucoup, j&#8217;en suis certain, à cet égard.</p>
<p>C&#8217;est par une démarche exigeante et respectueuse que notre pays entend peser sur les affaires du monde et contribuer à la construction de la stabilité et de la paix. La France a la vocation et l&#8217;ambition de jouer un grand rôle. Elle en a aussi les moyens. Son inventivité, sa compétitivité, son niveau de technologie et d&#8217;éducation, lui assurent des bases solides. Sa position au sein de l&#8217;Europe, son appartenance au G8, à l&#8217;Otan, au Conseil de sécurité de l&#8217;ONU, lui confèrent un pouvoir de mobilisation réel. <strong>Tout au long de notre histoire, notre nation s&#8217;est sentie investie d&#8217;une mission particulière sur le théâtre du monde, porteuse de valeurs qu&#8217;elle voulait partager avec les autres peuples. Aujourd&#8217;hui, notre détermination à oeuvrer au service de l&#8217;intérêt général constitue notre atout et notre chance</strong>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Source: Tribune de Dominique de Villepin,ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, publiée dans le magazine Label France d&#8217;avril-juin 2003</p>
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		<title>Le choix de la volonté, par Dominique de Villepin</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Aug 2011 00:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred</dc:creator>
				<category><![CDATA[Villepin, l'Homme d'Etat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><em>Après Le nouveau Président (été 2009) et Le précurseur (été 2010), notre nouvelle série de l'été: "Villepin, l'Homme d'Etat".</em></p> <p><em>Au fil de ces textes, une évidence: Dominique de Villepin est l'Homme d'Etat dont la France a besoin !</em></p> <p><em>Deuxième extrait, datant de septembre 2002: "Le choix de la volonté", une Tribune signée par Dominique de Villepin.</em></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Après Le nouveau Président (été 2009) et Le précurseur (été 2010), notre nouvelle série de l&#8217;été: &laquo;&nbsp;Villepin, l&#8217;Homme d&#8217;Etat&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><em>Au fil de ces textes, une évidence: Dominique de Villepin est l&#8217;Homme d&#8217;Etat dont la France a besoin !</em></p>
<p><em>Deuxième extrait, datant de septembre 2002: &laquo;&nbsp;Le choix de la volonté&nbsp;&raquo;, une Tribune signée par Dominique de Villepin.</em></p>
<p><span id="more-6973"></span></p>
<p>*****</p>
<p>&laquo;&nbsp;Comment oublier cette journée du 11 septembre 2001&nbsp;? Le fracas des tours qui se brisaient au-delà de l&#8217;océan résonne encore dans l&#8217;intimité dé nos consciences. C&#8217;était il y a un an. L&#8217;aube du XXIème siècle n&#8217;a pas dissipé le spectre de la haine et de la barbarie. Une nouvelle fois, il faut affronter le vertige, ce point ténébreux où l&#8217;histoire semble hésiter.</p>
<p>Il y a quelques années, la chute de l&#8217;empire communiste paraissait ouvrir la voie à la liberté, à la démocratie et au droit. La révolution de l&#8217;information et des communications, et la libéralisation des échanges annonçaient une période de prospérité sans précédent. Les hommes se reprenaient à croire au progrès. Ces espérances ne se sont pas évanouies&nbsp;; elles se sont obscurcies. L&#8217;avenir s&#8217;est chargé d&#8217;incertitude. La mondialisation a montré sa face d&#8217;ombre&nbsp;: des organisations criminelles en constant mouvement&nbsp;; des réseaux aux alliances mobiles&nbsp;; des hommes exaltés par le fanatisme, sachant croiser archaïsme et haute technologie&nbsp;; un triptyque de menaces nouvelles &#8211; le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, le crime organisé &#8211; dont la conjonction ne peut plus être exclue.</p>
<p>Le temps paraît s&#8217;accélérer, bousculant un monde de plus en plus imprévisible. Les découvertes scientifiques, les innovations se succèdent à un rythme effréné. La richesse s&#8217;accumule mais les disparités de développement se creusent. Le savoir progresse et l&#8217;information se diffuse, mais aussi l&#8217;obscurantisme et l&#8217;ignorance. Ballottée au gré des évolutions, dominée parfois par le progrès technique, l&#8217;humanité semble condamnée à courir d&#8217;une urgence à l&#8217;autre, pour tenter d&#8217;éteindre les incendies.</p>
<p>Les frontières s&#8217;abaissent ou se brouillent. <strong>Sur la scène internationale, les Etats ont cessé d&#8217;être seuls maîtres du jeu&nbsp;: ils doivent désormais compter avec d&#8217;autres acteurs, reconnus ou clandestins</strong>. Les interactions sont plus complexes, les interconnexions plus nombreuses, les causalités plus obliques. Des courts-circuits s&#8217;établissent, bouleversent les modes de pensée, créant confusion et opacité. Une crise locale se répercute en des points inattendus du globe.</p>
<p>Le conflit du Proche-Orient a ainsi des conséquences en chaîne, de la Russie à l&#8217;Afghanistan, de la France aux Etats-Unis, par le jeu des communautés, des opinions, des réseaux d&#8217;influence et d&#8217;intérêts. L&#8217;interdépendance est la nouvelle règle. Les mathématiciens le prédisaient depuis longtemps&nbsp;: le battement d&#8217;une aile de papillon à l&#8217;extrémité Asie peut provoquer une tempête en Europe.</p>
<p>Nul désormais ne peut ignorer les plaies vives au flanc du monde&nbsp;: <strong>la grande pauvreté</strong>, lorsque près de la moitié des hommes vivent avec moins de 2 dollars par jour&nbsp;; <strong>la famine</strong>, qui continue de menacer l&#8217;Afrique&nbsp;; les épidémies, quand 30.000 enfants meurent quotidiennement de maladies qui auraient pu être prévenues ou guéries&nbsp;; <strong>la destruction de l&#8217;environnement,</strong> qui hypothèque chaque jour davantage notre avenir&nbsp;; <strong>les turbulences financières</strong>, qui menacent de précipiter des pays dans le chaos, comme aujourd&#8217;hui en Amérique du Sud&nbsp;; <strong>les crises régionales</strong>, enfin, qui creusent des sillons de douleur toujours plus profonds au Proche-Orient, au Cachemire, ou dans la région des Grands Lacs. Autant de points d&#8217;entrée au désordre, et trop souvent des populations délaissées qui constituent des proies faciles pour l&#8217;extrémisme et la manipulation.</p>
<p>Si elle accroît les vulnérabilités, cette interdépendance grandissante peut aussi s&#8217;avérer une chance, car elle tend à faire du monde une totalité responsable. A plusieurs reprises, à de grands tournants de l&#8217;histoire, l&#8217;humanité a entrevu son unité&nbsp;: à la Renaissance, avec la découverte de l&#8217;Amérique, puis au siècle des Lumières, porté par le souffle des grands idéaux de liberté et d&#8217;égalité. L&#8217;espoir d&#8217;un monde réconcilié a ensuite animé les projets de paix aux lendemains des deux guerres mondiales. Mais à chaque fois le monde est resté sourd aux sommations, emporté par les antagonismes, les conflits idéologiques, les égoïsmes et les rivalités d&#8217;intérêt et de pouvoir.</p>
<p><strong>La mondialisation nous donne une nouvelle chance de forger une communauté de destin.</strong> Le 11 septembre sonne l&#8217;heure du sursaut et de la mobilisation, preuve irréfutable qu&#8217;il faut écrire l&#8217;histoire tous ensemble et déjouer les pièges tendus.</p>
<p>Les terroristes, sacrifiant des milliers de vies innocentes, ne cherchent-ils pas à créer une fracture irréparable, un engrenage de violence et de guerre, un monde poussé à l&#8217;escalade où le Nord se dresserait contre le Sud, les bénéficiaires contre les laissés-pour-compte de la modernité, les riches contre les pauvres&nbsp;? En visant l&#8217;Amérique au coeur, ne souhaitaient-ils pas creuser le fossé de la haine&nbsp;?</p>
<p>La communauté internationale a su faire preuve de responsabilité. Pourtant, le spectre du désordre continue de planer. Pour le chasser, il faut éviter trois écueils.</p>
<p>D&#8217;abord, <strong>le culte de la force</strong>, car il fait en fin de compte le lit du terrorisme, en ignorant la révolution de la puissance qui marque notre temps. Hier, un pays bien armé était un pays sûr. Aujourd&#8217;hui, les terroristes ont démontré qu&#8217;ils sont en mesure de frapper au c¿ur des territoires, de s&#8217;en prendre aux civils sans avoir à se confronter aux armées. Bien sûr, la protection relève toujours des prérogatives et des devoirs fondamentaux des Etats. C&#8217;est pourquoi, comme l&#8217;ont rappelé le président de la République et le Premier ministre, l&#8217;amélioration de la sécurité de nos compatriotes à l&#8217;étranger constitue pour la France une priorité. Notre pays va également accentuer son effort de défense afin de rattraper le retard accumulé depuis 1997 dans l&#8217;équipement de nos armées. Mais il faut désormais plus que la force pour créer de l&#8217;ordre, dénouer les tensions et gérer la complexité. Il y faut conscience, conviction et exemplarité. Face à l&#8217;instabilité qui gagne, il faut moins redouter l&#8217;excès que le vide de puissance.</p>
<p><strong>Le deuxième piège serait de céder à un parti pris anti-américain</strong>, oubliant les liens anciens de l&#8217;histoire, de la fidélité, des valeurs partagées et des responsabilités communes. Voici plus de deux siècles que l&#8217;Amérique incarne à nos yeux un phare de la liberté, un autre pôle de la démocratie. Aux heures les plus sombres de notre histoire, les Etats-Unis ont été à nos côtés, comme nous sommes aux leurs alors que ce pays ami et allié, frappé par l&#8217;épreuve cruelle, découvre sa vulnérabilité et que, dans le même temps, il pressent les risques de l&#8217;isolement.</p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui, plus que jamais, la franchise et le dialogue s&#8217;imposent, dans un esprit de fidélité à notre héritage commun</strong>. Nous pouvons certes voir des divergences&nbsp;; nos chemins sont singuliers, nos modèles originaux. Mais nous devons nous enrichir de ces différences, développer les complémentarités afin d&#8217;agir de concert, convaincus qu&#8217;aucun pays ne peut assumer seul toutes les responsabilités. Il faut plusieurs pôles de pouvoir, de responsabilité et de stabilité&nbsp;: aux côtés de l&#8217;Europe et des Etats-Unis, c&#8217;est la vocation de la Russie, la Chine, l&#8217;Inde ou le Japon notamment.</p>
<p>Enfin, <strong>troisième danger, il ne faut pas se tromper d&#8217;adversaire</strong>. Rien ne serait plus néfaste que de céder à la tentation des boucs émissaires, de s&#8217;inventer des ennemis imaginaires en place de ceux, insaisissables et fuyants, qui nous harcèlent. Le terrorisme ne découle d&#8217;aucun principe religieux, n&#8217;appartient à aucune patrie. S&#8217;il se revendique, pernicieusement, de l&#8217;islam, il n&#8217;est pas l&#8217;islam&nbsp;; il en est la négation. L&#8217;amalgame et l&#8217;anathème ne peuvent conduire qu&#8217;à la confrontation.</<br />
p>
<p><strong>Derrière ces écueils, à chaque fois la même tentation se dessine&nbsp;: faire cavalier seul, céder à l&#8217;égoïsme, l&#8217;oeil rivé sur la boussole incertaine d&#8217;intérêts à trop courte vue.</strong> Cette vision cynique du monde, à l&#8217;aune du 11 septembre, paraît soudain bien désuète lorsque l&#8217;intérêt de chacun rejoint l&#8217;intérêt de tous.</p>
<p>Désormais, l&#8217;essentiel n&#8217;est plus de se positionner habilement sur l&#8217;échiquier international mais d&#8217;agir et d&#8217;aller de l&#8217;avant. <strong>Nous devons renouveler les voies traditionnelles de la diplomatie. Pour cela, trois principes s&#8217;imposent&nbsp;: légitimité, partage, justice</strong>.</p>
<p><strong>La légitimité de l&#8217;action</strong> ne peut aujourd&#8217;hui reposer que sur les valeurs de la démocratie et de l&#8217;Etat de droit. La nouvelle communauté mondiale y aspire. Elle revendique une légitimité qui ne soit pas celle de la puissance mais celle de l&#8217;action collective, avec des règles claires, des processus de décision à la fois efficaces et respectables, ainsi que des instruments de justice adéquats. La Cour pénale internationale, dont le statut est entré en vigueur le 1er juillet dernier, est un acquis majeur que nous devons désormais défendre et consolider.</p>
<p>Deuxième principe, <strong>le partage</strong> doit nous guider. Lorsque l&#8217;interdépendance est la loi, chaque nation, chaque peuple, chaque culture apporte une contribution unique, essentielle. Le monde, riche de ses différences, multiplie les possibilités d&#8217;échange. Alors que l&#8217;homogénéité gagne, que la pasteurisation menace, nous devons soutenir, défendre la pluralité des cultures, permettre à chacun d&#8217;exprimer pleinement sa singularité. Tout récemment, j&#8217;étais en Afghanistan. Ce pays vient à peine de dissiper les ténèbres d&#8217;un obscurantisme qui voulait le priver de ses racines. J&#8217;ai pu mesurer l&#8217;émotion et la fierté d&#8217;un peuple qui se réapproprie son héritage. Après la grande exposition consacrée à ce pays, tenue à Paris en 1928, celle de cette année, inaugurée par le chef de l&#8217;Etat et le président Karzaï, renoue la chaîne des temps. La culture constitue un appui indispensable dans la marche vers la paix et la démocratie. Sans elle, rien de solide ne peut se construire.</p>
<p><strong>C&#8217;est dans le respect de l&#8217;autre que nous pourrons retrouver, par-delà ce qui sépare et, parfois, oppose les peuples et les cultures, le foisonnement des affinités, des échanges possibles</strong>. A rebours des préjugés, des logiques de fracture, ne jugeons aucune religion à l&#8217;aune, de ses fanatiques&nbsp;; ouvrons la voie du dialogue des cultures. Tous les hommes partagent le même besoin de sens, de dignité, d&#8217;humanité.</p>
<p>Cette exigence de partage est au coeur de l&#8217;ambition de l&#8217;Europe et de la France. Depuis près de cinquante ans, sur notre continent autrefois percé d&#8217;antagonismes, nous inventons avec détermination une communauté unie et forte, respectueuse des différences, consciente que sa diversité constitue son bien le plus précieux. A nous de réussir l&#8217;élargissement historique de l&#8217;Union européenne et d&#8217;approfondir la réforme des institutions qui en est le corollaire indispensable. Il revient au couple franco-allemand d&#8217;assumer toute sa responsabilité, pour porter au sein de la Convention sur l&#8217;avenir de l&#8217;Europe des propositions de réforme novatrices et audacieuses.</p>
<p>Dernier principe enfin&nbsp;: <strong>la solidarité et la justice.</strong> Qui ne voit aujourd&#8217;hui que tous nos efforts de sécurité seront vains si nous ne nous attaquons résolument à ces fléaux que sont la pauvreté, la maladie, les atteintes à l&#8217;environnement ou les crises régionales&nbsp;? Nous sommes comptables de ces drames, de ces souffrances qui constituent autant de menaces pour la stabilité du monde. Fidèle à sa vocation qu&#8217;atteste l&#8217;engagement au service des plus démunis de tant de nos compatriotes, pionniers de l&#8217;humanitaire, la France va accroître de 50 % en cinq ans son effort d&#8217;aide au développement&nbsp;; lors du Sommet d&#8217;Evian en juin prochain, elle proposera à ses partenaires du G8 l&#8217;adoption d&#8217;une initiative pour stimuler la recherche scientifique et technologique au service du développement durable, comme l&#8217;a annoncé le chef de l&#8217;Etat à Johannesburg. Là encore, notre pays et l&#8217;Europe ont vocation à être à l&#8217;avant-garde. Ce combat rejoint la conception que nous avons de la démocratie, le modèle original que nous avons construit et que nous entendons détendre.</p>
<p>Pour porter ces principes, pour être en mesure de faire pleinement entendre notre voix, <strong>nous devons désormais soumettre notre action à quelques règles essentielles</strong>.</p>
<p><strong>La recherche de l&#8217;efficacité, une démarche positive, à la fois ambitieuse et humble</strong>, tracent aujourd&#8217;hui le premier des impératifs face aux forces du conformisme, aux réflexes issus du passé, qui risquent à chaque instant de prendre de manière insidieuse le dessus sur la réflexion et la volonté d&#8217;agir. Sans céder aux solutions de facilité, nous devons nous attaquer aux fléaux les plus corrosifs de notre temps et donc approfondir la lutte contre la prolifération, traquer patiemment les réseaux du crime organisé, les circuits de la drogue et du blanchiment.</p>
<p><strong>La deuxième règle est celle de la collégialité</strong>. Notre action doit s&#8217;inscrire dans une volonté collective, qui nous préserve de l&#8217;unilatéralisme, assure la transparence des décisions et place chacun face à ses responsabilités.</p>
<p>Actuellement, nous nous trouvons confrontés, en Irak, à un régime qui, depuis des années, fait fi des règles internationales, prend son peuple en otage et menace la sécurité, notamment de ses voisins, en laissant planer la menace de la prolifération d&#8217;armes de destruction massive. Cette attitude est inacceptable. C&#8217;est pourquoi nous réclamons avec fermeté le retour sans condition des inspecteurs de l&#8217;ONU. Mais si cet objectif ne pouvait être atteint, les mesures à prendre, quelles qu&#8217;elles soient, ne pourraient être arrêtées que par la communauté internationale selon un processus collégial, c&#8217;est-à-dire par le Conseil de sécurité. Seule son intervention, en lui conférant la légitimité indispensable, garantit l&#8217;efficacité de l&#8217;action et peut écarter le risque de l&#8217;instabilité.</p>
<p><strong>Nous devons enfin faire preuve de persévérance et inscrire nos engagements dans la durée</strong>. Le combat requiert détermination et ténacité, car les voies de l&#8217;ordre sont souvent longues et exigeantes. Aussi faut-il savoir tracer une perspective, envisager le long terme, creuser patiemment un sillon. Nous le voyons aujourd&#8217;hui en Afghanistan, où, après l&#8217;action nécessaire pour éliminer les bases terroristes, il faut maintenant reconstruire, soutenir l&#8217;effort du peuple afghan, l&#8217;accompagner vers la démocratie et l&#8217;Etat de droit. Nous le constatons encore dans les Balkans, où je me suis également rendu la semaine dernière, et où la lutte résolue et persévérante pour l&#8217;Etat de droit et contre les organisations mafieuses demeure l&#8217;un des objectifs prioritaires pour assurer la stabilité de la région.</p>
<p>C&#8217;est par cette démarche exigeante et respectueuse que notre pays entend peser sur les affaires du monde et contribuer à la construction de la stabilité et de la paix. <strong>La France a la vocation et l&#8217;ambition de jouer un grand rôle. Elle en a aussi les moyens</strong>. Son inventivité, sa compétitivité, son niveau de technologie et d&#8217;éducation, lui assurent des bases solides. Sa position au sein de l&#8217;Europe, son appartenance au G8, à l&#8217;Otan, au Conseil de sécurité de l&#8217;ONU, lui confèrent un pouvoir de mobilisation réel. Tout au long de notre histoire, notre nation s&#8217;est sentie investie d&#8217;une mission particulière sur le théâtre du monde, porteuse de valeurs qu&#8217;elle voulait partager avec les autres peuples. Aujourd&#8217;hui, notre vocation singulière et généreuse à l&#8217;universel constitue notre atout et notre chance.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Source: Tribune de Dominique de Villepin, ministre des affaires </p>
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		<title>A l&#039;Elysée: Dominique de Villepin, le grand stratège de Jacques Chirac</title>
		<link>https://www.2villepin.fr/index.php/2011/08/09/6972-a-l-elysee-dominique-de-villepin-le-grand-stratege-de-jacques-chirac/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Aug 2011 23:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fred</dc:creator>
				<category><![CDATA[Villepin, l'Homme d'Etat]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://2villepin.free.fr/blog/?p=6972</guid>
		<description><![CDATA[<p><em>Après Le nouveau Président (été 2009) et Le précurseur (été 2010), retrouvez aujourd'hui le premier "épisode" de notre nouvelle série de l'été: "Villepin, l'Homme d'Etat".</em></p> <p><em>Alors que notre pays vogue de crise en crise, tel un bateau ivre, et que nous aurons à choisir dans 9 mois la personne en charge de notre destin commun, nous ressentons chaque jour davantage le besoin de porter à l'Elysée un Capitaine doté d'une véritable expérience, d'une vision et d'une ambition forte pour notre nation.</em></p> <p><em>Nous vous proposons de redécouvrir quelques portraits de Dominique de Villepin ainsi que plusieurs tribunes qu'il a signées ces dernières années, pour la plupart avant la naissance de ce blog en novembre 2005.</em></p> <p><em>Au fil de ces textes, une évidence: Dominique de Villepin est l'Homme d'Etat dont la France a besoin !</em></p> <p><em>Premier extrait, datant de mai 2002: "A l'Elysée: Dominique de Villepin, le grand stratège de Jacques Chirac"</em></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Après Le nouveau Président (été 2009) et Le précurseur (été 2010), retrouvez aujourd&#8217;hui le premier &laquo;&nbsp;épisode&nbsp;&raquo; de notre nouvelle série de l&#8217;été: &laquo;&nbsp;Villepin, l&#8217;Homme d&#8217;Etat&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><em>Alors que notre pays vogue de crise en crise, tel un bateau ivre, et que nous aurons à choisir dans 9 mois la personne en charge de notre destin commun, nous ressentons chaque jour davantage le besoin de porter à l&#8217;Elysée un Capitaine doté d&#8217;une véritable expérience, d&#8217;une vision et d&#8217;une ambition forte pour notre nation.</em></p>
<p><em>Nous vous proposons de redécouvrir quelques portraits de Dominique de Villepin ainsi que plusieurs tribunes qu&#8217;il a signées ces dernières années, pour la plupart avant la naissance de ce blog en novembre 2005.</em></p>
<p><em>Au fil de ces textes, une évidence: Dominique de Villepin est l&#8217;Homme d&#8217;Etat dont la France a besoin !</em></p>
<p><em>Premier extrait, datant de mai 2002: &laquo;&nbsp;A l&#8217;Elysée: Dominique de Villepin, le grand stratège de Jacques Chirac&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><span id="more-6972"></span></p>
<p>*****</p>
<p>Quand l&#8217;Elysée prenait des allures d&#8217;île Sainte-Hélène, il était le seul à entrevoir le soleil d&#8217;Austerlitz. Quand les affaires cernaient Chirac de tous côtés, quand Jospin caracolait dans les sondages, il n&#8217;y avait guère que lui pour clamer que la victoire était à portée de sabre, que le Premier ministre socialiste n&#8217;avait rien d&#8217;un aigle, qu&#8217;il s&#8217;effondrerait dans la bataille décisive&#8230;</p>
<p>Aide de camp obsédé par l&#8217;épopée napoléonienne, toujours prêt à courir sus à l&#8217;ennemi, Dominique de Villepin aura ainsi passé un septennat à remonter inlassablement la mécanique mentale de son empereur à lui, Jacques Chirac. &laquo;&nbsp;Villepin, c&#8217;est la piqûre de caféine de Chirac, plaisante un familier du palais. Aujourd&#8217;hui, il est heureux&nbsp;: il a réussi à faire élire son mec.&nbsp;&raquo; Mais l&#8217;élection de maréchal de ce dimanche 5 mai est aussi sa revanche personnelle &#8211; à lui qui fut accusé, pour en avoir été l&#8217;un des instigateurs, d&#8217;être le responsable du Trafalgar de la dissolution.</p>
<p>A l&#8217;époque, Dieu sait si on a raillé le techno arrogant, le diplomate de carrière qui connaissait mieux le Zambèze que la Corrèze, le &laquo;&nbsp;muscadin&nbsp;&raquo; dépourvu de tout sens politique. Bernadette Chirac elle-même aurait exigé la tête de ce Néron, qui prenait un plaisir d&#8217;esthète à provoquer des catastrophes&#8230;</p>
<p>Resté secrétaire général de la présidence, Dominique de Villepin s&#8217;est accroché aux branches. Porté par la haute idée qu&#8217;il a de lui-même et une ténacité de marathonien &#8211; il court sans effort ses 10 kilomètres le week-end -, il a vengé l&#8217;humiliation, fait ravaler leurs crachats à ses détracteurs. Comment&nbsp;? En s&#8217;avérant plus indispensable que jamais. &laquo;&nbsp;Villepin, il me règle mes problèmes&nbsp;&raquo;, a coutume de dire Chirac. Le précieux secrétaire général n&#8217;est pas seulement l&#8217;auteur putatif de quelques parades sémantiques aux affaires &#8211; ainsi de l&#8217;adjectif &laquo;&nbsp;abracadabrantesque&nbsp;&raquo;, pêché par lui chez Rimbaud. A la tête d&#8217;une cellule de politiques et d&#8217;avocats, il a mené la défense du chef de l&#8217;Etat face aux juges. Il y a un an, les socialistes ont même dénoncé en lui le chef d&#8217;un cabinet noir chargé de déstabiliser Jospin par tous les moyens.</p>
<p>Villepin a en tout cas compris que cette &laquo;&nbsp;loyauté de béton&nbsp;&raquo;, ce zèle inconditionnel, était la qualité essentielle attendue par son patron. Dans ce sabreur de 1,90 mètre aussi dégingandé que lui, Chirac a trouvé une sorte de fils qu&#8217;il n&#8217;a pas eu. Un second Juppé &#8211; dont Villepin fut le bras droit au Quai d&#8217;Orsay -, en plus flamboyant. &laquo;&nbsp;Il pige à une vitesse fantastique , s&#8217;est extasié un jour le président. Il est très rare de rencontrer un homme qui, comme lui, soit à la fois un bon poète et un très bon capitaine d&#8217;escadron de commando.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Depuis sept ans, chaque petit matin trouve cet insomniaque au &laquo;&nbsp;Château&nbsp;&raquo; auprès de son grand homme, qu&#8217;il entoure de mille soins, de ses visions phosphorescentes, de ses projets de contre-attaques fulgurantes. Pour Chirac, ce fils de famille passé par les ambassades se fait garde du corps, hussard, soudard. Sans pitié pour l&#8217;ennemi, ni recul sur celui qu&#8217;il sert. &laquo;&nbsp;Il l&#8217;aime sans réserve. Plus Chirac était dans la merde, plus il devenait agressif&nbsp;&raquo;, note un journaliste qui a subi ses foudres.</p>
<p>Car cet homme d&#8217;envolées lyriques est aussi capable d&#8217;emportements violents. On l&#8217;a vu s&#8217;enflammer pour des broutilles, par exemple parce que Chirac avait engrangé moins de signatures de maires que Jospin. Son allure de loup argenté, son regard brûlant disent assez son caractère. &laquo;&nbsp;Dominique n&#8217;est pas fou. Seulement très nerveux, arrogant, plein de panache. Et parfaitement cynique&nbsp;&raquo;, dit un de ses anciens amis. &laquo;&nbsp;Connards&nbsp;&raquo; est le mot qui émaille le plus fréquemment son vocabulaire. Dans cette catégorie, il range une vaste partie de la classe politique, lui qui n&#8217;a jamais daigné prendre sa carte du RPR ni briguer les suffrages du commun des électeurs.</p>
<p>Cela ne l&#8217;a pas empêché, ces derniers mois, de jouer le rôle de directeur de campagne occulte de Chirac. Ce diplomate &laquo;&nbsp;qui en d&#8217;autres temps aurait déclenché des guerres&nbsp;&raquo;, selon un de ses ennemis, a piloté dans l&#8217;ombre la recomposition de la droite, téléguidant Douste-Blazy, remettant en piste Sarkozy&#8230; Pour Chirac, il a imaginé &laquo;&nbsp;la tactique du lièvre&nbsp;&raquo;&nbsp;: partir très tôt, accaparer tous les thèmes dans l&#8217;air du temps, avant que Jospin s&#8217;en empare.</p>
<p>Guetteur du Château, il a, dit-il, senti monter la colère contre les élites. &laquo;&nbsp;La clé de Dominique, estime un de ses amis, c&#8217;est de vivre dans l&#8217;inquiétude, en cherchant des réponses hors des canaux habituels.&nbsp;&raquo; Plutôt qu&#8217;avec des fâcheux, il préférera toujours déjeuner avec l&#8217;acteur Jacques Perrin, le peintre Matta, les dessinateurs Gérard Lauzier et Régis Franc, autres regards cyniques sur la société. &laquo;&nbsp;Lors d&#8217;un dîner chez moi, plusieurs journalistes de Libé étaient venus en pensant bouffer de l&#8217;aristo chiraquien. Ils sont repartis sous le charme&nbsp;&raquo;, témoigne Régis Franc.</p>
<p>Mais on le voit aussi déjeuner seul dans des bistrots de la rive gauche. Dès que Chirac est parti en voyage officiel, il s&#8217;évade, tel un sous-préfet aux champs, pour négocier des lettres d&#8217;écrivains chez les grands marchands d&#8217;autographes. Accro aux vieilles reliures, Villepin, joignant l&#8217;utile à l&#8217;agréable, l&#8217;est aussi aux statuettes africaines. Avec Chirac, il discute, dit-on, arts premiers, poésie chinoise. Ses propres recueils, publiés à compte d&#8217;auteur (&laquo;&nbsp;Elégies barbares&nbsp;&raquo;), dans un genre épique et glacé, entourent cet énarque d&#8217;un halo littéraire. Les éloges décernés à sa monographie sur les &laquo;&nbsp;Cent-Jours&nbsp;&raquo; ne s&#8217;expliquent pas seulement par sa position d&#8217;homme craint au sommet de l&#8217;Etat. D&#8217;une ample écriture un peu datée, Villepin y narrait une résurrection politique &#8211; celle de Napoléon, de Chirac, la sienne&nbsp;? En émule de Chateaubriand, il y méditait sur le rôle du grand homme, sur la France, ce pays si étrangement divisé contre lui-même, affichant sa nostalgie d&#8217;un &laquo;&nbsp;âge de feu où politique et littérature ne faisaient qu&#8217;un&nbsp;&raquo;.</p>
<p>A la sortie du livre, le hussard féru d&#8217;Histoire a donné quelques interviews, puis s&#8217;est replié en son château tirer les ficelles du microcosme. &laquo;&nbsp;La lumière tue&nbsp;&raquo;, a-t-il un jour déclaré. En réalité, cet orgueilleux calcule chacune de ses apparitions. Même en vacances au Pays basque. Chaque dimanche, les fidèles de l&#8217;église de Saint-Jean-de-Luz peuvent ainsi le voir surgir en cours de messe, dans sa chemise Lacoste jaune, et se poster debout, bien en vue au milieu de la nef, afin que nul n&#8217;ignore la présence en ces lieux de Dominique Galouzeau de Villepin&#8230;</p>
<p>A 48 ans, le secrétaire général risque d&#8217;affronter de plus en plus le regard du public. Car il a gagné sur le champ de bataille de la cohabitation son bâton de maréchal. Le ministère de l&#8217;Intérieur&nbsp;? Puisqu&#8217;on le dit spécialiste ès basses besognes et qu&#8217;il a tracé dans son livre un portrait de Fouché&#8230; Plus naturel serait un retour dans la bulle virtuelle du Quai. En réalité, cet ambitieux, qui vit chaque journée comme si elle était la dernière, ne conçoit pour lui-même que les premiers rôles. Matignon, par exemple &#8211; mais pas tout de suite. Le vol de l&#8217;aigle Villepin serait alors un éclatant démenti à la sage maxime d&#8217;Edgar Faure&nbsp;: &laquo;&nbsp;Celui qui n&#8217;a pas été élu cinq fois et battu cinq fois ne peut rien comprendre à la politique.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Source: Article de François Dufay publié dans Le Point daté du 7 mai 2002</p>
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